Affichage des articles dont le libellé est POESIE DE ARNAUD BAKELAK. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est POESIE DE ARNAUD BAKELAK. Afficher tous les articles

RENAISSANCE



                                                À  Nguiarma

On n'a pas toujours le choix
Quand sous le poids de sa croix
On se bâtit de pâles attitudes
Pour ne pas ressentir la servitude.
L'on croise d'affolées solitudes
On se vante de quelque habitude
Alors que du haut œil nous voit
découper les ailes de la foi.


Qui veut se faire des loisirs
Devrait dans son orgueil moisir
Avant de se dire prêt à choisir.


Ne vivons guère par la guerre
Car tout fruit qui luit
Est le produit
D'une pluie qui fuit.


Parler c’est saler ses symboles

Brodés par la parole

Comme aimer c’est se méprendre

 à l’achat  d’un cœur à prendre.



Les ombres tombent sur toi

Mes songes comblent ma foi.

                           In l’Échappatoire 

MATERNAGE

MATERNAGE

                                                Octobre 2015
                                                A Véronique…

Que de mots dans l’ombre du vide qui m’accable
Que de maux le long du cordon qui à toi me câble
Que de trots autour d’une pensée fort agaçante
Celle de t'avoir toujours comme mère agissante
A force d’attendre l’arrivée du train de la quiétude
Éternisé à paginer les semaines de mes habitudes
Comme les pages d’un livre d’alchimie
Je ne distingue plus le lundi du mardi
Le mercredi ou le dimanche du jeudi
Et mes souvenirs sur moi se penchent
Mère au cœur de miel
Mer aux mœurs du ciel!
De mémoire et de faits,
Oh, joli soleil de mai
Je sais que tu sais...

Qu’on ne peut pas être bon
Pour l’unique voix de la solitude
Qu’on ne peut tourner en rond
Sans jamais colorer son habitude
Tu sais qu’on ne le peut pas
Qu’on ne peut vendre ses pas
Aux éternelles enchères du hasard
Aux perpétuelles folies des lascars
Tu sais qu’on ne peut chanter d’une vie
Sans cueillir des mots à une autre
Joli Soleil de mai
Je sais que tu le sais

Qu’on ne vente pas ses envies
Sans dessiner celles des apôtres


Et ta voix clame le ton d’un rêve
Et de ce rêve ton nom s’élève.
Jadis je te suivis
Toi au front qui luit
Loin de toi je vis
Près de toi je suis.



Arnaud BAKELAK, in  l’Échappatoire





PARCOURS


                               A  Zarawou...

Dans un village de cruels sourds
Quand s’arrêta mon parcours
De ma faible voix aspirante
Je rêvai de la phrase soupirante

Et sur les cimes de montagnes maries
Par-dessus les volcans affranchis
Les vautours d’un regard trop jaloux
Attendaient qu’on eût tranché un cou

Je déployai de ma gorge mon cri
J’appelai à l’aide de loin et d’ici
Et bientôt mon souffle s’évanouissait
Quand sur mes flancs mes bras s’écrasaient
L’amour avait disparu par ces élans de méprise
Le temps marquait son tempo dans une même reprise

Des regards peignaient la tristesse et la violence
J’ai cherché dans la nue les traits de ton visage
Et j’ai paginé à la course le livre de l’espérance
Dans ce désert fleuri d’angoisse et de mirages
La douce et chaude brise m’a rappelé ta voix
Trébuchant  dans ma course, j’ai revu ta joie
Et tes yeux princiers et tes lèvres d’impératrice
Et ta peau de berceuse et tes cheveux bien lisses

Je t’attendrai dans le brouillard de mon souhait 

                                   in l'échappatoire, 2016  


                                  ARNAUD  BAKELAK

VISAGE D'AFRIQUE

 Recueil de poèmes

Auteur: Arnaud BAKELAK

Contenu: 20 poèmes.





















 Extrait.

"Visage d'Afrique"

Des Mômes qui rient
Le long d’une route boueuse
Des mères qui prient
Rêvant d’une vie heureuse
Une rue pâle et sale aux vieilles sandales
Un peuple loyal égal portant le saint Graal
Ce monde sans réplique
Cette terre qu’est l’Afrique
Cette forêt de mères et de pères
De fils et de filles qui espèrent
D’une neuve et favorable vie
Par une aube révoltée et marrie
Des hommes costaux tout muets
Des idées blanches sous le fouet
Des mères qui sans cesse prient
Des mômes ignorants qui rient
Une ville aliénée, acculturée
Une cité muette qui parlera
Au bout d’un rêve rénové
De ses bras robustes et pacifiques
De sa foi naturelle et prolifique
Des jeunes aux yeux grands
Des cœurs aux vœux francs
Un peuple de têtes bien faites
Un monde de bras honnêtes
C’est ça l’image de mon Afrique!

                    Arnaud BAKELAK, in L’Échappatoire